La mise en œuvre de programmes de rétablissement et de restauration

La perte d’habitats due à la dégradation des écosystèmes et au changement dans la façon d’utiliser des terres, est une des causes majeures des menaces pour les populations de plantes sauvages. La restauration de l’habitat est une approche qui pourrait permettre aux populations de plantes de se rétablir sans l’introduction de propagules. Toutefois, le rétablissement spontané de populations de plantes rares dans des sites restaurés peut être limité par l’absence de propagules s’y trouvant naturellement. Dans ce cas là, la réintroduction de plants individuels dans la nature est une mesure indispensable pour garantir la conservation in situ d’espèces menacées.

Les programmes de réintroduction

L’objectif ultime d’un programme de réintroduction est d’établir ou de renforcer des populations viables, qui se maintiennent par elles-mêmes, d’une espèce donnée, pour que cette espèce persiste durant une période de temps significative au point de vue écologique. L’introduction de matériel végétal dans le paysage est donc effectuée dans le but d’intégrer ces plantes et leur progéniture dans un écosystème fonctionnel.

La réintroduction en tant que moyen pour rétablir ou améliorer la viabilité des populations de plantes n’est pas un exercice facile. Les procédures sont longues, coûteuses, et demandent du temps et un contrôle rigoureux pour pourvoir être considérées comme exercice valide de conservation.

Il est important de s’assurer que des études environnementales appropriées soient effectuées pour servir de base aux programmes de réintroduction. De telles études devraient inclure:

  • La détermination de la cause du déclin ou de l’extinction d’une espèce
  • L’analyse des caractéristiques écologiques passées et actuelles du site
  • L’identification des zones exactes, à l’intérieur desquelles les réintroductions seront menées
  • L’évaluation des chances de succès et les répercussions possibles de la réintroduction
  • Le choix de la population de l’espèce ou du taxon intra-spécifique qui devrait être réintroduit dans la zone donnée.

Wallace (1992) suggéra une série de critères pratiques qui peuvent être appliqués avant d’entamer un programme de réintroduction:

  • Critère 1 - Est-ce qu’une réintroduction est vraiment nécessaire pour la survie de l’espèce ?
  • Critère 2 - Est-ce qu’une introduction est réalisable en termes horticoles ?
  • Critère 3 - Est-ce qu’un site récepteur approprié est disponible ?
  • Critère 4 - Est-ce que les objectifs et les méthodes de l’introduction sont clairement énoncés?
  • Critère 5 - Est-ce que tout l’aspect administratif est en ordre ?

                   - Est-ce que des procédures administratives sont en place?

                   - Est-ce que toutes les responsabilités sont clairement définies?

                   - Y a-t-il assez de financement disponible?

                   - Y-a-t-il un engagement sur le long-terme de la part d’une organisation pour s’occuper du suivi des populations réintroduites?

Une série de directives sur les réintroductions de plantes est disponible – telles que celles fournies par le Groupe de spécialistes de la réintroduction de l’UICN/SSC, et le Manuel pour les Jardins botaniques sur la réintroduction des plantes dans la nature, publié par le BGCI.

Des études de cas au sujet de la réintroduction sont fournies sur le site internet du Centre pour la conservation des plantes, et d’autres études de cas peuvent être téléchargées ici.

 

La restauration d’écosystème

La restauration d’écosystème est le processus qui permet de gérer de manière active le rétablissement d’un écosystème qui a été dégradé, endommagé ou détruit. Il s’agit d’une intervention consciente, basée sur un savoir traditionnel ou local et une compréhension scientifique. Son but est de restaurer les écosystèmes pour qu’ils soient résilients et qu’ils se maintiennent par eux-mêmes, en fonction de leur structure et de leurs propriétés fonctionnelles.

Plus d’informations générales sur la restauration écologique sont disponibles ici, dont les principes de bonnes pratiques écologiques, développés par la Société pour la restauration écologique (SER) et l’UICN, basés sur une expérience acquise au cours de plusieurs décennies et qui sont en accord avec les principes de l’Approche éco systémique de la CDB.

Une mise en œuvre efficace de projets de restauration nécessite un ensemble d’outils, de bonnes pratiques et de directives. Une profusion d’outils, de cas pratiques et de conseils pratiques est actuellement disponible à différentes échelles et avec différents niveaux de spécificité, en fonction de l’utilisateur final ciblé.

SER a publié des directives détaillées pour entreprendre et gérer des projets de restauration écologique. Celles-ci sont téléchargeables sur leur site internet en anglais, portugais et italien.

Une grande variété d’études de cas sur la restauration est disponible dans la base de données du Réseau mondial de restauration de la SER (Society for Ecological Restauration), ainsi que sur le Réseau de restauration de la planète (Earth Restoration Network).

Des informations sur la restauration d’écosystèmes spécifiques sont aussi disponibles sur :

 

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